Dans(e) la lumière

21 Quand la lumière fait bien plus qu’éclairer… Le public de l’art contemporain est habitué à voir en la lumière un matériau de création à part entière grâce aux talents d’artistes plasticiens. C’est moins le cas dans l’univers de la danse. Et pourtant, nombreux sont les chorégraphes qui ont choisi de faire de la lumière bien plus qu’un accessoire scénographique. À l’occasion de cette seconde saison, Dans(e) la lumière donne à voir le travail de chorégraphes qui travaillent la lumière comme ils travaillent les corps. À commencer par Russell Maliphant reconnu pour sa capacité à fusionner danse contemporaine et art lumineux. Il présentera pour la première fois en France In a Landscape, un solo dans lequel l’artiste britannique danse littéralement avec la lumière un « pas de deux» hypnotique. Avec Ce que le jour doit à la nuit, Hervé Koubi réunit des danseurs issus du hip-hop, des arts martiaux et de la danse de rue. Dans cette quête identitaire transméditerranéenne qui nous fait remonter aux origines du chorégraphe, la lumière agit comme un fil d’Ariane où l’ombre et la clarté créent l’alternance des jours et des nuits, jouent entre oubli et mémoire, valorisent la puissance physique et vulnérabilité des interprètes. Avec For you/Not for you, solo en bi-frontal, Solène Wachter propose une expérience scénique singulière aux spectateurs. D'un côté elle partage avec le public l’énergie d’un concert pop et de l’autre, quand la lumière bascule, c’est le négatif de cette chorégraphie que l’on aperçoit. À l’occasion de soirées dédiées à Robyn Orlin, les jeunes danseurs de l’ensemble chorégraphique du CNSMDP présenteront la dernière création de la chorégraphe sudafricaine, tandis que Volmir Cordeiro reprendra In a corner the Sky surrenders. Un solo mythique, inspiré de la vie des sans-abri new-yorkais, où la lumière est ramenée à son plus simple appareil, comme un vecteur de tension, politique et critique. Enfin, le ballet junior d’Angelin Preljocaj fera son retour à la Fondation pour clôturer la saison avec des extraits du ballet Near Life Experience, une pièce envoûtante qui explore les frontières du sensible, entre extase et abandon. La lumière devient un guide entre présence et absence, structurant l’espace dans un entre-deux où évoluent les corps des danseurs, comme suspendus entre deux états, entre deux mondes.

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