Dans(e) la lumière

11 Quand les corps font récits Nos danses sont multiples. Nos danses ne trichent pas. Elles rappellent, dans la clarté d’un geste, la richesse d’une société plurielle et vivante. Elles disent le monde avec une vérité brute, avec l’urgence d’ouvrir des espaces où l’art n’est plus simple vitrine mais vecteur de rencontres, de transformations et de réflexions partagées. Là où elles se frottent aux œuvres plastiques, surgit une synergie : gestes oubliés, mémoires ressuscitées, constellations de possibles. Pour cette seconde édition de Dans(e) la lumière, je voudrais offrir à chacun la chance de s’imprégner de cette énergie : la densité des rencontres entre générations, l’éclat de récits transmis par le geste, la force d’une pensée qui passe par le corps. Ici, les artistes dévoilent des mémoires et des cultures, mais aussi l’engagement physique, psychique et philosophique qui les traverse. C’est pourquoi j’ai choisi d’inviter des artistes porteurs de danses d’une intensité rare — hip-hop, whacking, dancehall, breaking, flamenco — des danses exigeantes et brûlantes de vie, enracinées dans un réel ouvert à tous les possibles, qui portent une force politique discrète mais tenace : un langage qui, depuis toujours, a offert aux artistes marginalisés un espace pour exister, se réinventer et résister aux cadres qui les assignent. Par leurs dialogues entre styles et influences, ces danses révèlent d’elles-mêmes une vision contemporaine et inclusive de la société, faisant de la création un lieu de résistance, de réparation et de réinvention collective. À la Fondation groupe EDF, chaque performance deviendra dès lors un fragment de récit, un espace où les corps inventent des mondes. Chaque pièce, chaque rencontre y fera résonner des formes esthétiques nouvelles, enracinées dans des récits culturels profonds. Leurs performances, pour la plupart inédites, seront comme des éclats d’utopie, offertes au public. Là où le récit commun se tisse et s’intensifie, elles témoignent que la danse est bien plus qu’un art du mouvement : elle est un acte de présence, de résistance et de lumière. Saïdo Lehlouh, Membre du collectif FAIR-E, à la direction du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne

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